Les 3 méthodes de valorisation d’une entreprise expliquées simplement

Audun Partners

04/12/2025

Déterminer la valeur d’une entreprise est une étape cruciale, que ce soit pour préparer une cession, organiser une levée de fonds ou simplement pour le pilotage stratégique du dirigeant. Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas un « juste prix » unique, mais plutôt une fourchette de valeur qui servira de base aux négociations.

Pour obtenir cette fourchette, les experts financiers utilisent plusieurs méthodes. Si la littérature en recense des dizaines, trois grandes approches dominent la pratique des fusions-acquisitions (M&A) et couvrent l’immense majorité des cas.

Voici les 3 méthodes de valorisation incontournables, expliquées simplement, pour comprendre comment est calculée la valeur de votre entreprise.

1. L’approche des multiples (ou comparables) : la méthode de marché

C’est la méthode la plus utilisée pour valoriser les PME et ETI rentables. Elle repose sur un principe de comparaison simple : votre entreprise vaut ce que valent des entreprises similaires sur le marché.

Le principe

On applique un coefficient multiplicateur (le « multiple ») à un indicateur de performance financière de l’entreprise, généralement l’EBITDA (Excédent Brut d’Exploitation) ou parfois le Résultat d’Exploitation (EBIT).

La formule de base est : Valeur d’Entreprise = EBITDA x Multiple du secteur

Comment ça marche concrètement ?

Si vous dirigez une entreprise de logiciel (SaaS) générant 1 million d’euros d’EBITDA, et que les transactions récentes dans ce secteur se font en moyenne à 8 fois l’EBITDA, la valeur théorique de votre entreprise (Enterprise Value) est de 8 millions d’euros.

Attention, ce chiffre correspond à la valeur de l’actif économique. Pour savoir ce qui revient réellement aux actionnaires (Equity Value), il faut soustraire la dette nette (dettes bancaires – trésorerie).

Quand l’utiliser ?

Cette méthode est idéale pour les entreprises matures, rentables et évoluant dans un secteur où il existe suffisamment de transactions comparables pour établir un multiple de référence fiable. C’est la méthode reine des négociations car elle est factuelle et facile à comprendre.

2. L’approche DCF (Discounted Cash Flows) : la méthode prospective

Si la méthode des multiples regarde le présent (ou le passé récent), la méthode DCF (flux de trésorerie actualisés) regarde l’avenir. Elle part du principe qu’une entreprise vaut la somme des profits (cash-flows) qu’elle générera dans le futur.

Le principe

L’expert construit un business plan sur 5 à 7 ans pour estimer la trésorerie disponible (Free Cash Flow) que l’entreprise va dégager chaque année. Ces montants futurs sont ensuite « actualisés », c’est-à-dire ramenés à leur valeur d’aujourd’hui via un taux d’actualisation qui reflète le risque de l’entreprise.

Comment ça marche concrètement ?

C’est une modélisation financière plus complexe. Elle nécessite de :

  1. Prévoir la croissance du chiffre d’affaires et des marges.
  2. Estimer les investissements nécessaires (CAPEX).
  3. Déterminer un taux d’actualisation (WACC) cohérent avec le risque du marché.

Si votre entreprise prévoit de doubler sa rentabilité dans 3 ans grâce à un nouveau produit, la méthode des multiples (basée sur l’EBITDA actuel) la sous-évaluerait. Le DCF, lui, captera ce potentiel futur.

Quand l’utiliser ?

Elle est indispensable pour les startups, les entreprises en forte croissance, ou celles qui investissent lourdement aujourd’hui pour être rentables demain. Elle est aussi très utilisée pour des projets spécifiques (infrastructures, énergies renouvelables) où les flux futurs sont contractuels et prévisibles.

3. L’approche patrimoniale (Actif Net) : la valeur « à la casse »

C’est l’approche la plus tangible et la plus prudente. Elle ne considère pas la rentabilité future, mais la valeur de ce que l’entreprise possède « ici et maintenant ».

Le principe

On additionne la valeur réelle de tous les actifs (ce que l’entreprise possède) et on soustrait toutes les dettes (ce qu’elle doit). Le résultat correspond à l’Actif Net Réévalué.

Actif Net = Actifs (stocks, immo, trésorerie…) – Dettes

Comment ça marche concrètement ?

Le bilan comptable sert de base, mais il doit être « réévalué ».

  • Un immeuble acquis il y a 20 ans vaut sans doute bien plus que sa valeur comptable.
  • Un fonds de commerce ou une marque n’apparaissent parfois pas au bilan mais ont une valeur.
  • À l’inverse, des stocks invendables ou des créances clients douteuses doivent être dépréciés.

Quand l’utiliser ?

Cette méthode sert souvent de « valeur plancher ». Elle est particulièrement pertinente pour :

  • Les holdings patrimoniales ou sociétés immobilières.
  • Les entreprises en difficulté ou à l’arrêt, dont la rentabilité est nulle ou négative.
  • Les entreprises très capitalistiques (industrie lourde) où la valeur des machines et des stocks est prépondérante.

Elle est en revanche inadaptée pour une société de services ou une startup, car elle ne valorise pas le capital humain, le savoir-faire ou la base clients.

Conclusion : quelle méthode choisir ?

En réalité, il ne faut pas choisir. Un bon expert en valorisation utilisera toujours une combinaison de ces méthodes (on parle de « triangulation ») pour affiner son estimation.

  • Les multiples donnent la tendance du marché.
  • Le DCF traduit le potentiel intrinsèque et la stratégie.
  • L’approche patrimoniale sécurise la valeur des actifs tangibles.

L’écart entre ces méthodes permet souvent de comprendre les forces et faiblesses du dossier et de construire un argumentaire solide pour la négociation.

Chez Audun Partners, nous maîtrisons ces différentes approches et nous savons les adapter à la spécificité de votre secteur pour défendre au mieux vos intérêts lors d’une cession ou d’une levée de fonds. N’hésitez pas à nous solliciter pour une première estimation de vos enjeux de valorisation.

Je suis Julien Younès, fondateur d’AUDUN Partners. J’accompagne dirigeants, investisseurs et fonds d’investissement dans leurs opérations stratégiques, avec une approche sur-mesure fondée sur la rigueur, l’éthique et la proximité.

Julien Younes

Président fondateur